Le rosé n'est pas la chasse gardée de la Provence. La preuve nous vient d'Argentine, à près de mille huit cents mètres d'altitude, dans la vallée de Calchaquí à Salta. La bodega Amalaya y signe un rosé à contre-courant, en assemblant le malbec, la star rouge du pays, avec une pointe de torrontés, son blanc le plus aromatique.
Ce mariage donne un rosé à la fois fruité et parfumé. Le malbec amène la fraise et la cerise, le torrontés glisse ses notes d'agrumes et de fleurs. Sec, tendu par l'altitude, c'est un rosé de soif qui réclame le soleil : planches de charcuterie, salades d'été, grillades entre amis.
L'altitude fait tout le travail. Les vents froids qui balaient ces vignes, même les plus basses, gardent aux raisins leur acidité et leur tonus, là où un climat plus doux donnerait un rosé mou. Le tout est cultivé en agriculture biologique, dans le respect d'un terroir extrême.
Anecdote intéressante : Amalaya veut dire « espoir d'un miracle » dans la langue des anciens habitants de la vallée. Planter ici relevait du défi tant les conditions sont rudes. Ce rosé en est la récompense, et il a le bon goût de rester très abordable. À mettre au frais dès les premiers beaux jours.