On associe rarement la Chine au grand vin rouge, et pourtant. La maison Changyu vinifie depuis la fin du XIXe siècle à Yantai, sur la côte du Shandong, là où la mer tempère les étés et allonge les automnes. Le Noble Dragon y marie le cabernet sauvignon à un cépage longtemps réputé propre au vignoble chinois.
Il se livre sur des fruits rouges mûrs, framboise et cassis, qu'un passage en fût de chêne français vient border de menthe et d'une pointe d'eucalyptus. Le corps reste souple, la trame fruitée généreuse sans lourdeur. C'est le rouge à poser sur un canard laqué, un agneau rôti aux herbes, ou simplement une belle côte de bœuf un soir où vous voulez voyager sans quitter la table.
Le cabernet gernischt est ici la vraie signature. Importé au temps des pionniers, on l'a cru unique à la Chine pendant des décennies, avant de comprendre qu'il s'agissait du carménère, ce raisin bordelais oublié que le Chili a lui aussi sauvé de son côté.
Anecdote intéressante : Changyu a été fondée par Zhang Bishi, un diplomate et homme d'affaires qui rêvait de prouver que la Chine pouvait faire du vin aussi bien que l'Europe. C'est aujourd'hui l'une des plus anciennes et des plus vastes maisons d'Asie. Ouvrez ce Noble Dragon quand vous voulez surprendre une tablée et raconter une histoire en même temps qu'un verre.