Il se produit chaque année moins de deux mille bouteilles de ce blanc libanais : autant dire qu'il n'arrive presque nulle part. On le trouve au Clos du Phoenix, à Eddé, au-dessus de Batroun, dans le nord du Liban, à quatre cents mètres au-dessus de la Méditerranée, sur des vignes conduites en bio.
L'Emiresse marie le chardonnay et la marsanne, et chacun y tient sa partie. Le premier déroule des notes beurrées et rondes, la seconde répond par des fleurs blanches plus aériennes, pour un blanc à la fois ample et parfumé. Il se plaît sur un poisson en sauce, une volaille crémée, ou un assortiment de mezze relevés d'herbes fraîches.
Le nom est un hommage de famille. Emiresse évoque la petite princesse, en référence au grand-père de la maison, qui portait le titre d'émir au sein de la famille Abillama. Derrière la bouteille, il y a donc une lignée autant qu'un terroir.
Anecdote intéressante : le Clos du Phoenix est né de la volonté d'une vigneronne, Maya Chédid Anid, qui l'a créé avec son frère sur les terres du village familial. Quand on sait que les Phéniciens exportaient déjà leur vin à travers la Méditerranée depuis ces rivages, on mesure la profondeur de l'histoire dans chaque verre. Une bouteille rare à réserver pour une table que vous voulez vraiment marquer.