Le vin gris, vous en avez peut-être déjà bu en terrasse sans savoir ce que c'était. Première surprise : dans le verre, il est rose très pâle. Le Maroc en a fait sa spécialité, et la recette tient en une phrase. On prend des raisins noirs (ici du Cinsault et du Grenache), on les presse tout de suite, et le jus n'a presque pas le temps de prendre la couleur de la peau. Résultat : une robe saumon très claire.
Celui-ci vient du Domaine de Sahari, près de Meknès, à environ 600 mètres d'altitude, là où les nuits fraîches gardent au raisin son peps. Au nez, des petits fruits rouges, de la pêche blanche et un zeste d'agrume. En bouche, c'est sec (aucun sucre, contrairement à ce que sa couleur bonbon laisse croire) et très désaltérant. Servez-le bien frais avec des brochettes de poulet, une salade de légumes grillés, du thon mi-cuit ou une planche à partager au soleil.
Un gris se boit jeune, dans l'année ou presque. Inutile de le garder en cave : tout son intérêt est dans sa fraîcheur. Il a d'ailleurs été élevé en cuve inox (de grandes cuves en acier, sans contact avec le bois) pour garder le fruit intact.
Anecdote intéressante : Dans les années 1950, le Maroc comptait parmi les plus gros exportateurs de vin au monde. Une bonne partie traversait la Méditerranée pour donner de la couleur et du degré à des vins français un peu maigres. Le pays a ensuite arraché une grande partie de ses vignes, avant de replanter pour la qualité à partir des années 1990. À glisser au frais pour le premier apéro en terrasse, ou pour accompagner une cuisine épicée qu'un rosé classique a du mal à suivre.