Le vin marocain, beaucoup l'ont goûté une fois en vacances et l'ont rangé au rayon des souvenirs. Ce rouge mérite mieux. Il vient du Domaine de Sahari, près de Meknès, au pied du Moyen Atlas, à environ 600 mètres d'altitude. L'altitude, c'est l'atout des pays chauds : les journées sont brûlantes, mais les nuits sont fraîches, et le raisin mûrit sans cuire.
Dans la bouteille, deux cépages que vous connaissez sans le savoir : le Cabernet Sauvignon et le Merlot, le duo des vins de Bordeaux. Le premier donne la structure (ce côté qui accroche un peu les gencives), le second arrondit les angles. Le vin passe ensuite quelques mois en fût de chêne, ce qui lui laisse un parfum de réglisse et de café grillé par-dessus les fruits noirs. Imaginez-le sur un tajine d'agneau aux pruneaux, des kefta grillées ou un couscous du dimanche : il tient tête aux épices sans écraser le plat.
Sur l'étiquette, vous lirez « Guerrouane ». C'est le nom de l'appellation, c'est-à-dire la zone délimitée d'où vient le raisin (comme on dit « Bordeaux » ou « Chianti »). Celle-ci compte parmi les plus réputées du pays, sur des sols d'argile et de calcaire.
Anecdote intéressante : Le Maroc s'est doté d'un système d'appellations dès 1977, calqué sur le modèle français. À l'époque, très peu de pays hors d'Europe y avaient pensé. À ouvrir le soir où vous cuisinez épicé, ou pour montrer à vos invités que le vin marocain ne se résume pas au gris bu en terrasse.