On range trop vite le Brésil du côté de la caipirinha et de la plage, jamais du côté d'un blanc sérieux. Pourtant, dans la Serra Gaúcha, tout au sud du pays, l'altitude et les nuits fraîches offrent au Chardonnay exactement ce qu'il aime : du temps pour mûrir lentement et garder sa tension.
Le fruit parle d'abord, sur la pomme et l'ananas, avant qu'un court passage en fût français ne vienne déposer une note vanillée discrète. La bouche est ronde, presque onctueuse, mais rattrapée par une acidité vive qui la garde droite. C'est le genre de blanc qu'on ouvre sur un poisson grillé ou une volaille à la crème, quand on veut de la matière sans lourdeur.
Derrière l'étiquette, il y a la famille Miolo, l'un des noms qui ont fait basculer le vin brésilien de la quantité vers la qualité. Le mot Reserva signale ici un vin un cran au-dessus de l'entrée de gamme, celui qui a vu le bois.
Anecdote intéressante : tout est parti d'un immigrant italien, Giuseppe Miolo, arrivé sans rien à la fin du 19e siècle et qui planta ses premières vignes dans le Vale dos Vinhedos. Un siècle plus tard, la maison est devenue le premier exportateur de vin du pays. Voilà une jolie bouteille pour faire voyager une table curieuse vers un vignoble que personne, chez vous, ne verra venir.