Le Vermentinu corse a longtemps servi de vin de vacances, bu glacé sans qu’on se pose de questions. Le Domaine Paradella en fait autre chose. Nous sommes à Poggio-d’Oletta, dans le Patrimonio, sur les sols argilo-calcaires au pied des falaises qui séparent le vignoble de la mer. François-Marie Wojcik a repris le domaine fin 2015, son fils Lionel, œnologue formé à Bordeaux et passé chez Louis Mitjavile, en tient la partie technique. Huit hectares en bio, dont deux et demi plantés en Vermentinu.
La cuvée Aldilà est vinifiée en cuve inox, fermentation malolactique comprise, puis élevée six mois dans le même contenant. Aucun bois, rien qui vienne masquer le cépage. On y retrouve les agrumes et les fleurs blanches, avec cette salinité qui reste en bouche et qui signe les blancs poussés à portée d’embruns. Servez-le sur un poisson grillé entier, des langoustines, un fromage de brebis corse jeune, ou simplement à l’apéritif avec de la charcuterie de l’île.
Aldilà, en italien, c’est l’au-delà, l’autre côté. Le domaine présente cette cuvée comme son autre visage : les mêmes vignes et la même main, mais hors du cahier des charges de l’appellation Patrimonio, donc en Vin de France, avec la liberté que ça donne.
Anecdote intéressante : le Vermentinu corse et le Vermentino italien sont le même cépage, qu’on appelle Rolle en Provence. Trois noms, trois pays, une seule plante, et personne ne s’accorde vraiment sur l’endroit d’où elle vient.
Une bouteille pour la table du dimanche, quand vous voulez un blanc qui tienne la conversation et pas seulement la fraîcheur.