Le Carignan a longtemps été le mal-aimé du vin : un cépage du Sud qu'on plantait pour produire beaucoup, sans lui demander son avis. Puis des vignerons ont remarqué que ses vieilles vignes, celles qui ne donnent plus que quelques grappes, faisaient des vins denses et pleins de caractère. Riad Jamil en est la version marocaine : 100 % Carignan de vieilles vignes, dans l'appellation Beni M'Tir, près de Meknès.
Le vin fermente en grappes entières (on met tout dans la cuve, tiges comprises, ce qui apporte de la fraîcheur et une petite amertume très agréable), puis passe plusieurs mois en fût de chêne français. Dans le verre : prune bien mûre, mûre, une touche de vanille et de réglisse, des tanins souples. À 14 degrés, il a du coffre sans lourdeur. C'est le compagnon tout trouvé d'un tajine, d'une épaule d'agneau confite ou d'un couscous royal. Servez-le autour de 16 à 18 degrés, donc pas trop chaud.
En arabe, jamil veut dire « beau », et un riad est une maison traditionnelle construite autour d'un jardin intérieur. Derrière l'étiquette, il y a Les Celliers de Meknès, la maison fondée par Brahim Zniber, figure du vin marocain, installée au pied de l'Atlas.
Anecdote intéressante : La même maison a obtenu pour son Château Roslane le premier classement « château » d'Afrique du Nord. Riad Jamil joue dans un autre registre, plus rustique dans le bon sens du terme : celui d'un cépage méditerranéen qui a trouvé au Maroc un terrain à sa mesure. À prendre pour un plat mijoté du dimanche.