Vous ne connaissez sans doute pas le Garanoir, et c'est bien dommage. Ce cépage rouge suisse est né de la recherche viticole helvétique il y a un demi-siècle, d'un croisement entre le gamay et le reichensteiner. On le retrouve ici chez Sophie Dugerdil, vigneronne à Dardagny, dans le vignoble genevois.
C'est un rouge à la robe sombre, tout en fruit : mûre sauvage et cerise noire, relevé d'une pointe poivrée et épicée. Souple, peu acide, sans tanin qui accroche, il se boit facilement à l'apéro sur une planche de charcuterie comme à table sur une viande grillée.
Sophie Dugerdil a repris le domaine familial de neuf hectares il y a une vingtaine d'années, après une première vie d'enseignante et plusieurs missions humanitaires au Népal et au Sri Lanka. Elle y cultive une trentaine de vins qui lui ressemblent : francs, généreux, attachés au respect des gens et de la nature.
Anecdote intéressante : on passe rarement des camps humanitaires aux rangs de vigne, et pourtant c'est ce parcours qui a forgé sa façon de faire le vin, droite et sans esbroufe. Un rouge suisse rare en Belgique, à offrir aux curieux qui pensent avoir déjà tout goûté.