L’Arménie a des cépages que personne d’autre n’a, et la plupart ont failli disparaître. Le Milar en fait partie : un raisin noir autochtone à la peau très foncée, longtemps relégué aux assemblages et aux vins doux. Le domaine Zulal, fondé en 2017 par Aimee Keushguerian, l’a vinifié seul, en varietal, ce qui se fait très rarement.
Les vignes poussent dans le Vayots Dzor, à 1250 mètres d’altitude, sur des roches volcaniques, taillées en double Guyot et vendangées à la main. Le vin est structuré et sans complexe à 15 degrés : mûre, cassis, figue et prune, avec du poivre et des épices derrière. Il demande un plat qui tient : agneau aux herbes, brochettes marinées, ragoût d’aubergines, un fromage de brebis affiné.
Zulal veut dire « pur » en arménien, et le nom résume le projet du domaine : montrer les cépages locaux sans les maquiller sous le bois ou l’extraction. Aimee Keushguerian appartient à la deuxième génération d’une famille qui a remis le vin arménien sur les tables occidentales, après des décennies où le pays produisait surtout du brandy pour l’Union soviétique.
Anecdote intéressante : le domaine travaille toute une série de raisins que les manuels avaient rayés de la liste, Milar, Chilar, Tozot, Garan Dmak. Certains ne subsistaient plus que sur quelques rangs de vigne dans la vallée de l’Arpa, chez des paysans qui les gardaient par habitude plus que par conviction.
Quatre bouteilles en cave, pas plus. À prendre si vous voulez goûter un raisin que vous ne retrouverez sans doute nulle part ailleurs en Belgique.