Le Japon, on le boit volontiers en saké, rarement en vin : c’est une erreur. Au pied du mont Fuji, dans la préfecture de Yamanashi, berceau de la viticulture japonaise, pousse un cépage rose pâle dont personne ne parle en Europe, le Koshu. La maison Grace en a fait sa signature.
Le résultat est un blanc d’une finesse désarmante, sec et tendu comme un fil. On y devine la pomme verte, le pamplemousse et la poire, avec ce souffle poivré qui signe le cépage. Délicat sans être maigre, il appelle tout ce que la cuisine japonaise a de subtil, des sushis à un poisson grillé, et tient tête à une cuisine épicée sans broncher.
La cuvée tire son nom du mont Kayagatake, qui veille sur le vignoble perché à sept cents mètres d’altitude. Là-haut, les montagnes repoussent les nuages et offrent à la vigne l’un des plus longs ensoleillements du pays : de quoi mûrir le raisin tout en gardant sa fraîcheur d’altitude.
Anecdote intéressante : le Koshu serait arrivé au Japon voici plus de mille ans par la route de la soie, descendant lointain de vignes d’Asie centrale. Longtemps cultivé comme raisin de table, il n’est devenu un grand cépage à vin que récemment, porté par une nouvelle génération de vignerons japonais. Une bouteille pour voyager loin, et étonner à coup sûr autour d’une table.